Nvidia se lance dans les CPU : vers la fin du duo Intel-AMD ?
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Nvidia se lance dans les CPU : vers la fin du duo Intel-AMD ?
C'est un tournant que le marché du hardware observait depuis des mois : Nvidia, roi incontesté du GPU, avance désormais ouvertement ses pions sur le terrain des processeurs. Le 21 juillet 2026, la firme de Jensen Huang a détaillé les spécifications de Vera, son processeur central destiné aux serveurs d'intelligence artificielle. Et en parallèle, les indices s'accumulent sur une arrivée prochaine de puces Nvidia dans nos PC portables. Décryptage.
Vera : un CPU serveur pour attaquer AMD et Intel sur leur pré carré
Jusqu'ici, Nvidia vendait ses GPU d'IA accompagnés de processeurs Grace intégrés à ses propres systèmes. Avec Vera, la stratégie change : Nvidia propose désormais un CPU comme produit à part entière, que les géants du cloud pourraient déployer à la place des puces AMD EPYC ou Intel Xeon.
Les chiffres donnent la mesure de l'ambition. Selon les analystes de Wolfe Research, chaque puce Vera se négocierait autour de 5 000 dollars, avec environ 1,3 million d'unités attendues cette année. Nvidia estime que le marché du CPU serveur pourrait à terme peser 200 milliards de dollars — une projection très optimiste comparée aux 37 milliards estimés par Bernstein pour 2025, mais qui illustre l'appétit de la firme.
Et sur nos PC ? RTX Spark et la piste N1X
Pour les joueurs, le plus intéressant se passe côté grand public. Au Computex 2026, Nvidia a présenté sa puce RTX Spark, qui combine un GPU Blackwell et un CPU Grace de 20 cœurs sur architecture ARM, développée en collaboration avec MediaTek. Jensen Huang a même parlé de « réinventer le PC » aux côtés de Microsoft.
Dans le même temps, la rumeur d'un processeur N1X destiné aux PC portables se précise. L'idée : proposer une alternative ARM aux puces Intel Core et AMD Ryzen, sur le modèle de ce qu'Apple a réussi avec ses puces M.
Ce que cela changerait concrètement
- Des portables gaming repensés : un couple CPU-GPU conçu par le même fabricant permettrait une gestion fine de la consommation et de la chauffe, points faibles historiques des portables gaming.
- Une pression sur les prix : un troisième acteur crédible face à Intel et AMD pousserait mécaniquement la concurrence tarifaire.
- La question de la compatibilité : l'architecture ARM impose une couche d'émulation pour la plupart des jeux PC actuels, conçus pour x86. C'est aujourd'hui le principal frein pour le gaming.
Intel et AMD ne restent pas spectateurs
Ironie du calendrier : alors que Nvidia domine l'actualité de l'IA, ce sont Intel et AMD qui signent les plus belles performances boursières de 2026 parmi les valeurs semi-conducteurs, portées par la demande en CPU et le rebond de leurs feuilles de route respectives. AMD prépare l'arrivée de Zen 6, dont les premières annonces officielles étaient attendues fin juillet, tandis qu'Intel défend ses parts avec la génération Core Ultra.
Pour le marché du PC fixe de bureau, rien ne change à court terme : les plateformes AM4, AM5 et LGA1700/1851 restent les standards du PC gamer, et aucune puce ARM Nvidia n'est annoncée sur ce segment. La bataille se jouera d'abord sur les serveurs et les portables fins.
Notre lecture
L'offensive CPU de Nvidia est une excellente nouvelle pour la concurrence, mais ses effets sur le PC gamer de bureau mettront des années à se concrétiser — si tant est que la firme s'attaque un jour au desktop x86. En attendant, les valeurs sûres du gaming restent les plateformes éprouvées : Ryzen côté AMD, Core côté Intel.
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